Le 15 décembre 1925, le Conseil Supérieur de la Guerre adopta le projet de ligne de défense fortifiée discontinue. Il était entendu de ne pas fortifier le long de la frontière Belge alliée, ni de la Sarre, rendue indépendante de l’Allemagne par le traité de Versailles en 1918, et qui, d’ici 1935 devait par plébiscite choisir son rattachement à la France ou au moins être indépendante et donc neutre.

    Cependant dans ces années difficiles d’après guerre, l'Allemagne pourtant pays vaincu rétablit la situation plus vite que la France, aussi, lorsque le populaire Maréchal Hindenburg fut élu à la présidence de l’Allemagne en 1925, l’herbe de la “mère patrie” parut plus verte au “lander” de la Sarre que le gazon Français. C’est donc naturellement qu’elle choisit finalement, son rattachement à L’Allemagne lors du référendum.


Le SF de la Sarre est donc composé d’ouvrages et de systèmes d'arrêt conçus par différentes organisations et sur plusieurs tranches:


    A l’ouest, de Créhange, et jusqu’à Audviller, les ouvrages conçus par la Comission d’Etude des Zones Fortifiées avec la collaboration du génie constituent “la ligne Daladier” nommée communément ligne CEZF dont la construction, inspirée de l’ancienne C.O.R.F fut entamée en 1939 prenant place en seconde ligne.

    Les ouvrages MOM et STG, situés d’ouest en est du Poste Avancé de Macheren à  la casemate MC35 de Puttelange en passant par les casemates de Barst sont épaulés par des réseaux de rails et de mines antichars


    A l'extrême est de ce Secteur Fortifié, dans le sous-secteur de Kalhausen qui jouxte le SF de Rohrbach auquel il était initialement attaché, on rencontre des ouvrages CORF de type “nouveau front” : les casemates de Wittring , du Grand Bois ou d’Achen, ainsi que le PO du Haut Poirier.


    Dans l’intervalle, les sous-secteurs de Kappelkinger et de Sarralbe  restaient un obstacle sérieux grâce à tout un système de barrages et de réserves d’eau constituant une région innondable défendue par le 41e et 51e RMIC... c’est la ligne Maginot aquatique.


    De l’effroyable défaite Française de juin 1940, on oublie souvent la résistance héroïque de nos soldats dans ce secteur. En effet, le 14, alors que Paris est déclarée ville ouverte et peut désormais tomber aux mains des Allemands, se déroulent à 400 kilomètres de là, sur la frontière, dans la trouée de la Sarre, les combats les plus violents de la bataille de France.

   

    Face à la 1ère armée Allemande, les 69e , 82e, 133e et 174e Régiment d’Infanterie de Forteresse rejoints par le 41eme et 51eme Régiments de Mitrailleurs d’Infanterie Coloniale ont sauvé l’honneur de la France en se batant avec honneur.


Ici encore, la devise de la ligne Maginot s’avère de mise:

“ON NE PASSE PAS!”